Timbres français oblitérés d’avant 1900
On peut collectionner des timbres pour plusieurs raisons :

  • Soit pour le dépaysement, le “voyage immobile” que procurent des timbres de tous les pays, ou pour l’esthétique de certains beaux timbres à thèmes ;
  • Soit pour l’aspect historique de certaines enveloppes ou oblitérations remarquables ;
  • Soit pour leur rareté, donc leur valeur et leur cote philatélique.

C’est indéniablement cette dernière raison qui pousse les collectionneurs à rechercher des timbres français du XIXe siècle, la variété des motifs étant plutôt congrue : Cérès, Napoléon III, ou le type “Sage”.
Les timbres neufs (inutilisés, avec leur gomme d’origine) étant plus que rarissimes et généralement réservés aux salles de vente, ce sont donc généralement des timbres oblitérés que l’on va rechercher.

1849 : le premier timbre français
Avant 1849, les lettres étaient taxées à la fois au poids et à la distance et payées par le destinataire. Ainsi, une lettre de 20 g reçue de Paris par un ouvrier du Périgord pouvait lui coûter une journée entière de salaire (2 à 3 francs de l’époque). En 1849, les Postes ont décidé, suivant l’exemple anglais, de taxer les lettres au poids seulement et de faire payer l’expéditeur : c’est ainsi que le timbre à valeur fixe est né.
Ce tout premier timbre de 1849, un “Cérès” noir de 20 cts, est coté à 600 €, alors que son cousin le 40 cts bleu (jamais émis) peut grimper jusqu’à 70 000 €, et que le 1 F vermillon (vite remplacé par un rouge plus foncé) atteint les 115 000 € ! Son remplaçant carmin cote quand même, selon son état, de 26 000 à 32 500 €.
Le 10 cts bistre-jaune à l’effigie du président Louis-Napoléon Bonaparte (futur Empereur Napoléon III) s’échange actuellement à 47 500 €.


Oblitération égal prix en baisse, sauf
Les cotes spectaculaires indiquées ci-dessus valent pour des timbres neufs. En général, la cote d’un timbre baisse considérablement s’il a été oblitéré, donc s’il a déjà servi. Sauf dans certains cas.
Citons notamment les timbres préoblitérés (pour des envois en nombre de journaux ou d’imprimés), ceux portant des surcharges (corrections de prix par exemple), les timbres sur enveloppe 1er jour  et les timbres portant des cachets historiques : ceux-là voient leur cote grimper du fait même de leur oblitération.